Parc de matériel scènique

La Région vend le bien public

Ce n’est même pas une privatisation, puisqu’il n’y aura aucun repreneur de l’activité en tant que telle. C’est une dilapidation, une vente aux enchères aux plus offrants d’un parc de matériel financé par de l’argent public depuis 27 ans.



Faute d’avoir su trouver un accord avec d’autres collectivités (au premier rang desquelles la Communauté Urbaine du Grand Toulouse avait manifesté - mais trop tard ? - sa bonne volonté le 27 juin dernier) et se refusant d’entendre l’appel de la profession (Comité de maintien de l’ARDT, Couac, CGT Spectacle, Sud Culture, Coordination des intermittent-e-s et précaires en Midi-Pyrénées, Synavi Midi-Pyrénées), le Conseil Régional Midi-Pyrénées laisse tranquillement se poursuivre le processus de liquidation de (feu) l’ARDT : la vente du matériel se déroule actuellement en ligne et les enchères vont bon train.

Autisme ? Incompétence des services réticents à se donner les moyens d’évaluer les réels bénéfices pour le territoire d’un tel outil mutualisé ? Simple volonté de casser un outil en croyant faire des économies ? Réflexe gestionnaire et irresponsable qui avalise très directement le désengagement de l’Etat ? Volonté plus perverse de tuer dans l’oeuf bon nombre de modestes initiatives artistiques, culturelles et sociales qui ne pourront plus se développer à l’avenir ? A cette heure, aucune de ces hypothèses n’est exclusive... malheureusement.

Toujours est-il qu’on en est là et qu’il va bien falloir tirer le bilan des tenants et aboutissants de cette lutte qui laisse à beaucoup, un goût très amer. A suivre donc, au moins pour tenter d’éviter d’autres échecs... et se donner les vrais moyens d’avancer.

Dernière étape : que va faire la Région de la somme récoltée par la vente du parc de matériel ?

Les statuts de l’ARDT prévoient que l’Assemblée Générale (qui se confond ici avec le CA car aucun des usagers de l’ARDT n’est membre de l’association, bien pratique nous direz-vous) procède en cas de dissolution à la dévolution du patrimoine en faveur de toute association ou de tout organisme déclarés. Cela n’a pourtant pas empêché l’AG de donner mandat à un liquidateur (au lieu de désigner une association ou un organisme). Si le parc n’a pas trouvé de repreneur, le montant de sa vente devra bien servir l’intérêt général... mais comment ?


Vendredi 25 novembre, un ultime rassemblement suivi d’un rendez-vous avec les vice-présidentes de la commission culture de la CUGT, Danièle Buys et Vincentella de Comarmond a simplement permis de se faire confirmer que les deux présidents P.Cohen et M.Malvy s’étaient vus au sujet de l’ARDT sans parvenir à un nouvel accord, la Région se refusant d’intervenir dans le mandat confié par les administrateurs de l’ARDT à Maître Vigreux (CA composé de 5 membres, 2 membres de droit - Dominique Salomon, vice-présidente en charge de la culture et du patrimoine du Conseil Régional Midi-Pyrénées, et Michel Perez, président de la commission Culture du Conseil Régional + 3 membres associés, professionnels du secteur culturel).

 

Signataires : COMITE DE MAINTIEN DE L’ARDT • COUAC • CGT SPECTACLE • SUD CULTURE • COORDINATION DES INTERMITTENT-E-S ET PRECAIRES EN MIDI-PYRENEES • SYNAVI MIDI-PYRENEES

Nombreux étaient ceux qui espéraient repartir avec le gros lot ce mardi15 novembre 2011 à l'occasion de la vente aux enchères du parc de matériel régional. Les trublions du comité de maintien, avec la complicité de l'assemblée composée de nombreux acteurs culturels et de citoyens attachés au service public, sont la cause de cet échec. Il faut bien constater que le panneau signalétique de l'ARDT, à force d'enchères, n'a pas concurrencé un Picasso mais quand même ..... Ce fût une belle vente.

Nous ne lacherons rien !

La nécéssité de trouver une solution afin de sauver le parc de matériel et les emplois des six salariés est bien évidemment complexe, compte tenu de la situation juridique de cette association maintenant dissoute.

Continuons d'interpeller les élus responsables de cette situation.